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 Les plumes du maaal(e) [PV = Alessandro]

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MessageSujet: Les plumes du maaal(e) [PV = Alessandro]   Mer 31 Juil 2013 - 14:40



    Combien d'heures étaient passées depuis le départ de Mina ? Deux ? Peut-être trois ? Elle n'en avait strictement aucune idée. Tout ce qu'elle savait était que l'endroit où elle se trouvait ne lui inspirait pas confiance du tout. Elle se demandait d'ailleurs pourquoi elle était sortie de la forêt où l'Ange se trouvait en sécurité, à l'abris des gens mauvais qui se terraient dans des lieux tels que ces rues sombres et angoissantes. Avait-elle eu envie de découvrir cette ville peuplée de gens étranges pour le reste du monde - alors que certains d'entre eux lui ressemblaient dans leurs différences - ou en avait-elle eu assez de vivre seule et perdue, menant une vie calme et ordinaire ? Elle-même se posait la question, mais plus elle s'enfonçait dans les ruelles, plus elle comprenait qu'il y avait plus urgent à penser : La jeune fille était seule, mal armée, mais elle se trouvait en plus de ça totalement déboussolée.

    Heureusement, Kyana se trouvait à ses côtés, cachée dans sa manche sous sa forme d'hermine blanche comme la neige, tentant de rassurer Mina comme elle le pouvait, mais cela ne suffisait pas à calmer l'enfant maigre et pâle à tel point qu'elle semblait malade.

      * Tout va bien ? *
      * Oui, ne t'inquiète pas... *

    Bien évidemment, Mina mentait à sa liée et pensait au fond d'elle - tout au fond afin que Kyana ne le perçoive pas - que toute cette histoire allait mal finir, mais en aucun cas celle-ci n'aurait osé l'avouer à son amie. Ce n'était pour autant pas de la fierté, de l'orgueil. Elle ne souhaitait tout simplement pas que les autres s'inquiètent pour elle, alors la sang-mêlée gardait ses doutes et ses peurs enfouis au plus profond de son coeur. Elle marchait alors, peu rassurée, lorsque quelque chose s'agrippa à sa jambe. Instinctivement, elle baissa les yeux et vit accrochée à sa cheville... une main. Une main qui la retenait d'une poigne d'acier, l'empêchant de faire ne serait-ce qu'un pas de plus. Elle regarda alors à qui appartenait ce membre... et fit un mouvement de recul en apercevant le visage d'un homme grimaçant, ayant apparemment un peu trop bu ce soir-là. Ses yeux fous semblaient injectés de sang et il paraissait rechercher en l'enfant quelque chose qui lui ferait encore un peu plus profiter de sa soirée tandis qu'un sourire malsain se formait sur ses lèvres.

    Alors que la fille au cheveux d'argent ne bougeait plus, en proie à l'effroi, l'homme resserra sa prise et tira d'un coup sex. Mina s'effondra, trop abasourdie pour réagir à temps, se retrouvant alors au sol en moins d'une seconde. Un cri d'horreur s'échappa de sa gorge lorsqu'elle tomba à terre, d'autant plus que l'homme s'avançait lentement vers elle sans la lâcher. Trop effrayée, elle n'arriva qu'à donner des coups à la volée, sans parvenir à faire reculer l'homme.

      * N'ai pas peur. Je suis là. *

    Un nouveau cri se fit alors entendre, mais celui-ci était de rage et provenait de l'ivrogne. Un énorme lynx tenait fermement dans sa gueule le bras de l'horrible obsédé, plantant ses crocs dans sa chair. * Kyana... * Elle avait sûrement du s'échapper de sa manche lorsque l'Ange était arrivée à terre.

    Immédiatement, l'homme se jeta sur l'animal, couteau à la main, en poussant un grognement de rage reflétant la brutalité de l'acte, puis... plus rien.

    Lorsqu'elle ouvrit les yeux à nouveau, la jeune fille se trouvait allongée à même le sol, contre un mur. Kyana était là, devant elle en tant qu'hermine, debout sur ses pattes arrière. Elle la regardait en penchant la tête - ce qui était d'ailleurs à l'ordinaire une mimique humaine -, son pelage habituellement blanc et pur couvert de petites gouttes de sang. Mina tendit la main vers elle et vint passer ses doigts dans son pelage, tendrement.

      * Tu es blessée ? *
      * Non. Tout va bien. *

    Kyana tourna alors la tête et la sang-mêlée suivit son regard, découvrant avec stupéfaction une traînée rouge disparaissant uniquement après un tournant quelques mètres plus loin.

      * Il est...? *
      * Oui. *
      * Tu n'aurais pas du... Et puis, si je n'étais pas venue... *
      * Si tu n'étais pas venue, ç'aurait été une autre dans ton cas ! Tu n'y es pour rien. D'accord ? *

    Mina s'assit et baissa les yeux, avant de ramener ses jambes contre son torse. Par habitude, l'hermine vint se blottir dans le petit espace entre ses cuisses et son ventre, l'observant du coin de l'oeil, comme pour lui demander en silence si elle allait bien. L'Ange lui répondit d'un sourire faux puis leva la tête tandis qu'une larme  venait couler le long de sa joue. Elle se sentait perdue dans un monde qu'elle ne connaissait pas. Elle se sentait seule, aussi... Si seulement sa mère avait été là...

    Elle serra sa liée contre elle et ferma les yeux. Il faisait un peu froid et elle frissonna lorsqu'elle se rendit compte de la fraîcheur du lieu. Elle avait aussi un peu mal aux pieds, ayant pris l'habitude de les laisser nus. Ses ailes se déployèrent et se refermèrent autour d'elle, bien que trop petites pour l'entourer complètement. Sa tête seule apparaissait au-dessus des plumes, le regard perdu dans le vide et comme recouvert d'un voile sombre. Qu'allait-il lui arriver à présent...?
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MessageSujet: Re: Les plumes du maaal(e) [PV = Alessandro]   Sam 17 Aoû 2013 - 20:52

Alessandro et les ruelles sombres, c'était un peu comme un fonctionnaire et son lieu de travail. Sauf que contrairement à un fonctionnaire, Alessandro n'était pas payé à rien faire. Et qu'un fonctionnaire essaie de ne pas traîner au bureau, alors que ce soir là, le jeune homme-corbeau n'avait clairement rien à faire, et pourtant, il se baladait dans les rues étroites de Moonlight. Son lieu de travail, en quelque sorte... Sa queue-de-cheval flottant au vent, son kimono noir et pourpre ajusté à son corps musclé, Mandragora à la ceinture, ses lunettes posées sur son nez, le pas tranquille, voila comment se montrait l'hybride ce soir la. Comme la plupart des autres soirs, d'ailleurs...du moins lorsqu'il n'était pas sous sa forme de Tengu. Les ruelles sombres et leur étroitesse étaient pour Alessandro le refuge parfait pour évacuer la pression des journées de travail. Mercenaire à plein temps, le travail ne manquait pas, et c'était un miracle s'il avait pu se libérer histoire d'un soir pour se sustenter et flâner au clair de lune.

Un cri déchira la nuit alors qu'il mangeait un morceau de viande crue sans se préoccuper du regard des autres. Sa première pensée fut une injure à la personne venant de crier. Merde, c'était donc impossible d'avoir la paix une soirée ? Juste une soirée entre deux autres... et comme les autres, par exemple entre un jeudi et un samedi ? Non, apparemment c'était pas possible. Mandragora sortit du fourreau adapté alors qu'il prenait sa forme de Tengu pour se précipiter vers l'endroit d'où provenait ce qui venait de pourrir sa soirée comme aurait pu le faire une rixe d'auberge ou l'attaque d'une villa par une bande de malfrats, qui auraient probablement fini en rondelles à peine bonnes à être données aux chiens. Mais quand il arriva, Alessandro eut le droit à une scène des plus originales. Un bon cadavre tout frais, pissant le sang, avec une jooooolie traînée d'un rouge vermeil encore chaude qui le menait directement à... une gamine. Juste une gamine avec des cheveux blancs. Une robe blanche. Et une bestiole blanche au museau un poil taché de sang. Juste un poil, hein ? Elle en foutait plein la robe de la gamine, et le premier réflexe d'Alessandro cette fois-ci fut de faire se rencontrer sa serre droite et son front avec un petit bruit étouffé par ses plumes. Génial, il s'était dépêché d'arriver sur les lieux, avait dégainé son épée en manquant de se casser un bout de serre (on a droit a sa petite coquetterie même quand on est un mercenaire avec une lame à la main et que l'on a une folle envie de se venger pour sa soirée pépère ratée), et tout ça pour...Une gamine. Et sa fouine qui venaient de massacrer un ivrogne. Genial.

- Je rêve...

L'homme-corbeau n'avait dès lors plus qu'une idée en tête : retourner dans son pieu et retrouver la sérénité de son domicile loin de toutes les petites histoires plus ou moins bruyantes des uns et des autres. Il en faisait déjà assez la semaine, du bruit, et des incursions dans des affaires plus ou moins glauques, pour ne pas non plus en empocher une de plus quand il avait ENFIN la paix. C'était raté pour sa petite balade au clair de lune. Oh, non pas que la jeune fille assise par terre était moche, ce n'était pas le problème, d'ailleurs elle ne l'était pas. Le fait que la serpillère en forme de rongeur qui se baladait dans ses bras pouvait servir de dîner à Cesare n'était pas non plus en cause, bien qu'il avait bien envie lui aussi d'un apéritif du genre de celui qui s'offrait à lui sous la forme d'un lié. S'appuyant contre un mur, il fit claquer le tranchant de Mandragora contre les pavés de la ruelle, mal éclairée et à l'odeur de moisissure omniprésente. Il n'avait pas forcément prévu qu'elle se plantait dans la roche et qu'il aurait toutes les peines du monde à la retirer discrètement, mais néanmoins, il s'en tira sans trop de mal.

- Dis-moi, petite, le but du jeu, c'était vraiment de me pourrir la soirée ou juste de faire peur à ce...Tas de chair avant de le massacrer sauvagement ? Quelque soit ta réponse, tu as réussi la première option avec brio. Merci de baisser le volume avant de rameuter tout le voisinage, et éventuellement, avant de me foutre en rogne.

Alessandro déploya ses ailes doucement, dans un bruissement de plumes, et avec un croassement sinistre, l'air de dire « ne recommence plus à m'ennuyer sinon tu vas savoir ce que j'appelle un carpaccio de gamine ». Enfin, il s'en moquait éperdument, d'un carpaccio, il préférait amplement le lapin à l'humanoïde (et c'était pas faute d'avoir essayé), cependant, entre ce croâssement et le bruit lugubre, relativement macabre également, d'une nuque qui craque sous la pression intense de serres aiguisées comme des rasoirs, il n'y avait qu'un pas. Il ne se priva pas, tout en rengainant élégamment son épée, de faire cliqueter les serres en question dans un petit concert se voulant menaçant. Alessandro détestait être dérangé, et encore moins par une gamine qui pouvait très bien se débrouiller toute seule. Il prit son envol d'une petite cinquantaine de centimètres et se tourna vers la petite fille toujours recroquevillée autour de son étole sur pattes, puis, après l'avoir détaillée quelque peu, lâcha sur un ton désinvolte :

- Adieu, tas de viande.
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MessageSujet: Re: Les plumes du maaal(e) [PV = Alessandro]   Ven 30 Aoû 2013 - 17:32

    Un bruit la fit sortir de ses songes un peu brusquement, et elle dégaina sa petite dague qui ne devait pas faire peur à grand monde vers l’origine de ce son légèrement métallique, qui lui rappelait étrangement celui que faisait sa propre arme quand elle la laissait tomber au sol par inadvertance. L’Ange releva la tête et vit devant elle une sorte de monstre couvert de plumes qui essayait tant bien que mal de retirer une sorte d’épée d’entre deux dalles. Immédiatement, elle étouffa un petit rire. Rien en cette scène n’était rassurant, bien sûr, mais voir une volaille se débattre ainsi, bien qu’elle essayait apparemment de ne pas trop le faire voir, était tout simplement irréaliste. De toute façon, tout en cette soirée était irréaliste. Le fait d’être perdue dans une ville, alors qu’elle n’avait même pas de raison d’y être venue, et puis l’homme à l’œil louche et la trainée de sang, pour enfin terminer par cette image. Une ange habituellement toute blanche et pure en face à face avec un animal se tenant sur deux pattes, comme les êtres humains, mais totalement noir, qui semblait pourtant de moins en moins terrifiant. Encore une fois, Mina s’était attirée à elle la situation la plus étrange qu’on puisse trouver sur la Terre entière.

      « Dis-moi, petite, le but du jeu, c'était vraiment de me pourrir la soirée ou juste de faire peur à ce...Tas de chair avant de le massacrer sauvagement ? Quelque soit ta réponse, tu as réussi la première option avec brio. Merci de baisser le volume avant de rameuter tout le voisinage, et éventuellement, avant de me foutre en rogne. »

    Ces quelques phrases eurent le mérite de lui faire reposer les pieds au sol. Il est sûr qu’elle n’avait plus envie de sourire de la situation. Elle était à présent partagée entre l’envie de se cacher sous terre et celle de répondre à cet oiseau, poussée par la curiosité. Mais que pouvait-elle bien lui dire ? Après tout, n’était-il pas en train de l’agresser et de lui faire des reproches, alors qu’elle n’avait jamais voulu faire de mal à quiconque ? C’était un peu osé de sa part. Mina était une ange, tout de même : elle n’œuvrait jamais dans le but de faire du mal aux autres ! Ou du moins pas consciemment… Et puis ces ailes blanches devaient facilement le signaler, non ? Quoiqu’il en soit, elle prit son courage à deux mains, sans avoir remarqué le temps qui était passé. Elle allait parler, oui !

      « Adieu, tas de viande. »

    … Quoi ? Il s’en allait, comme ça ? Et puis c’était quoi ce sobriquet qu’il venait de lui donner ? Les Anges n’ont jamais été mangeables ! Surtout pas les Anges-Vampires ! Quant à lui, il avait déjà pris son envol, et apparemment il n’était vraiment pas décidé à rester. Mais s’il partait, Mina ne rentrerait jamais chez elle ! Elle se leva en vitesse, ce qui manqua de faire tomber sa liée qui eut le réflexe de prendre sa forme ailée à son tour, et s’approcha un peu brusquement de ce qu’elle identifia à présent comme étant un énorme corbeau qui devait faire la taille d’un humain. Bizarre.

      « Attendez ! Je ne voulais pas vous énerver, monsieur le Corbeau. Enfin, je ne sais pas exactement ce que j’ai fait de mal, mais j’en suis désolée ! … »

    Ce n’était pas très convaincant. Mina n’était presque jamais convaincante. C’était ce qui arrivait, à force de vivre loin de toute société. On ne savait plus comment tout cela fonctionnait, on improvisait, et voilà ce qui arrivait. Un tas de paroles un peu fouillis, et l’impression que l’auditoire se fiche éperdument de ce que vous avez dit. Elle toussa doucement. Elle se rappelait qu’il arrivait à ses parents de tousser avant de s’exprimer, bien qu’elle n’en comprenne toujours pas le sens. Est-ce que c’était convenable de refiler ses microbes aux autres avant une discussion ? Elle ne comprenait vraiment pas…

      « Je… Je crois que je suis perdue. Vous êtes d’ici, hein ? Vous pourriez me ramener à un endroit sûr, même pour très peu de temps ? Si vous voulez, j’ai plein d’herbes pour vous rembourser ce service… »

    L’argent, elle ne connaissait pas très bien. Et puis, elle avait peut-être un peu de pièces dans sa sacoche – qu’elle s’assura avoir toujours sur elle au moment même - mais elle avait l’intuition que ce qu’elle gardait avec elle ne suffirait jamais.

    Elle attrapa par réflexe son poignet - ou ce qui semblait être l’équivalent dans le corps de l’inconnu - de sa main droite, comme pour appuyer sa demande, mais celui-ci étant un peu haut et elle encore un peu loin, elle trébucha lorsqu’elle voulut approcher d’un pas tout en se mettant sur la pointe des pieds. Résultat des courses, elle tira d’un coup sec pour se retenir, ce qui eut effet de faire perdre au corbeau quelques dizaines de centimètres, tandis que la tête de Mina était amortie par un coussin de plumes. Un coussin ? En plein milieu d’une ruelle ? A ce qu’elle avait compris, elle était encore debout… Mais… Elle appuya légèrement son visage contre cette chose toute douce. En effet, elle était maintenant sûre qu’il s’agissait bien de plumes. Elle releva doucement la tête pour essayer de savoir ce qui se passait, et sursauta en apercevant deux ronds noirs comme la nuit la fixer. Elle prit encore quelques secondes avant de comprendre le besoin qu’elle avait de s’écarter, maintenant, car ces ronds appartenaient à tout un visage. Le visage du corbeau. Elle n’en revenait pas, et sous le coup de la panique, elle resserra ses muscles, et ainsi, sa main droite… Vous comprenez, j’imagine ? Mina dans toute sa beauté.

      « Où avais-tu la tête ?
      - J’ai trébuché ! … Je suis désolée…
      - Ce n’est pas à moi que tu dois dire ça, tu le sais bien. »

    Ainsi, elle le fixa longuement, cherchant ses mots, tandis que Kyana venait se pelotonner contre son cou – à nouveau en tant qu’hermine - en la conseillant sur la manière de s’y prendre. La jeune fille n’avait pas tout saisi, mais il était sûr qu’elle venait de faire une bourde énorme – pour ne pas changer de d’habitude. Elle déglutit, puis commença à se confondre en excuses, totalement honteuse de ce qu’elle venait de faire, les joues d’ailleurs affreusement rouges. Elle s’était vraiment mise dans le pétrin, cette fois… Il n’y avait plus aucune chance qu’elle rentre chez elle un jour…
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MessageSujet: Re: Les plumes du maaal(e) [PV = Alessandro]   Mar 3 Sep 2013 - 10:11

"Monsieur le corbeau". Elle trouvait quand même le moyen de l'appeler "Monsieur" après qu'il lui en aie (légèrement) mis plein le nez avec son tact et sa délicatesse aussi légendaires que pachydermiques.. La jeune fille ne semblait pas perdue dans ses propos, en revanche, il paraissait à l'homme-corbeau que la ville ne lui était pas coutumière. Rengainant Mandragora dans un bruit cristallin, Alessandro s'arrêta sur place, à un bon mètre du sol. A son tour, la jeune fille déplia des ailes, bien que celles-ci soient d'une blancheur immaculée, par opposition à celle de l'hybride. Une ange, probablement. Et qui apparemment avait eu un problème avec son sens de l'orientation. La carrure frêle et la petite stature de l'ange contrastaient avec l'ambiance des ruelles sombres et étroites, véritable dédale et empire du vice à l'intérieur-même de la cité de Moonlight. Mais bon. Le tourisme n'avait pas de limites...En fait si. Rectification. Les touristes n'ont pas de limite, même si l'homme-corbeau n'avait pas vraiment conscience de la raison pour laquelle un touriste pourrait venir se perdre dans le dédale mal famé qu'étaient les ruelles sombres. Enfin. Le tourisme a ses raisons que la raison ignore. Le cœur, vous dites ? Oh, c'est pareil. La petite ange semblait vouloir prendre la parole,et il la laissa parler (parce qu'on a beau être un corbeau, ça n'empêche pas la politesse!). Elle toussa deux fois contre son petit poing, comme pour s'éclaircir la voix, puis s'adressa a lui avec autant d'assurance qu'une souris demandant à un chat de lui attraper le fromage dans le frigo. 

« Je… Je crois que je suis perdue. Vous êtes d’ici, hein ? Vous pourriez me ramener à un endroit sûr, même pour très peu de temps ? Si vous voulez, j’ai plein d’herbes pour vous rembourser ce service… »

Elle "croyait" être perdue? Sous sa forme de corbeau, Alessandro avait beaucoup de mal à arquer un sourcil, cependant le haut de son arcade droite se releva très légèrement en une mimique qui se voulait fortement humaine. Un endroit sûr dans le coin, il n'y en avait pas cent mille. Pas une taverne n'était un repaire de voleur, les rares hôtels regorgeaient de coupe-jarrets et de malfrats en tout genre. Le peu de représentants de l'ordre dans la ville n'avaient pas le moindre impact sur toute la zone résidentielle que composait les ruelles. Il y avait bien un poste de garde, mais la jeune femme y aurait probablement perdu sa virginité, son honneur, et accessoirement sa tête si elle faisait un peu trop de bruit. Tout dans son regard et dans son attitude inspirait un sentiment d'innocence à son égard, de pureté. Probablement la plus grande vertu pour une femme, mais également son plus grand malheur. Bien sûr, il pourrait la ramener au palais directement, ou sur son lieu de vie, Alessandro connaissait toute la surface de la terre dans l'enclave de la barrière entourant Moonlight. A moins qu'elle ne vive dans les souterrains, il y avait fort à parier qu'il saurait la reconduire. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, Alessandro sentit quelque chose lui saisir la main droite, et son instinct lui indiquer de NE PAS envoyer sa serre gauche dans le visage de ce qui le saisissait. La pauvre petite avait manqué d'un instant de finir en tartare d'ange si l'homme-corbeau n'avait pas entraperçu son visage. L'art de l'adresse consiste à être capable d'effectuer des tâches sans y faillir alors qu'elles ne requièrent que des capacités de base, puis se développe en habileté à partir du moment ou les tâches se complexifient. Et il semblerait qu'une personne présente dans cette ruelle et arborant une paire d'ailes blanches n'aie pas la moindre capacité dans ces domaines puisqu'elle réussit à faire choir Alessandro en lui saisissant la serre, mais également à tomber en avant en envoyant un coup de tête (probablement) involontaire dans le poitrail du mercenaire, qui remercia ses plumes de servir d'amortisseur. Il fixa stoïquement (aussi stoïquement qu'il est possible de le faire avec deux yeux ronds de corbeaux) la jeune ange. Qui semblait éprouver un certain mal-être. Et par réflexe ne trouva rien de mieux à faire que de lui broyer la serre dans une étreinte apparemment compulsive, ce qui eut pour effet d'arracher au Tengu un croassement lugubre.

- Je connais des endroits sûrs, mais ta simple présence les rendraient dangereux, championne, tu as réussi à te vautrer sur une action qu'un enfant de trois ans réussirait sans problème. Je pense que tu mérites une médaille. Et garde donc tes plantes.

Effectivement, Si des jeux olympiques de maladresse existait, il ne faisait nul doute que la petite ange raflerait tous les prix haut la main. Remarquez, il fallait bien une intervention divine pour qu'un exploit en ce genre s'accomplisse. Dans la catégorie « vautrage en beauté », celui-là pouvait facilement prétendre au titre de « plus beau du millénaire » ! Alessandro dégagea sa serre de l'étreinte qui se faisait presque ennuyeuse. Oh, non pas qu'elle fut douloureuse, mais il faisait déjà une certaine chaleur pour ne pas avoir à rajouter en plus celle d'un étroit contact serré autour d'une quelconque partie de son corps. Et c'est en théorie à ce moment la que l'auteur écrit que vous n'êtes qu'une bande de pervers si jamais vous avez vu un semblant de double-sens dans la phrase précédente !  En effet, loin d'avoir une once de perversité, Alessandro crevait de chaud sous son manteau de plumes naturel. Cependant, il préférait amplement cette forme élancée et intimidante à celle d'un humain large d'épaule et d'une stature qui reflétait parfaitement ce qu'il était dans cette « version » de lui  : un pilier. Qui ne bougeait pas. A nouveau, son regard se posa sur la petite ange. Alessandro ne pouvait pas la laisser là, même si elle venait de trucider sauvagement un ivrogne par un moyen qui restera probablement un mystère. Quelque chose lui intimait d'aider cette petite ame perdue. Il se posa alors tranquillement et replia avec délicatesse les ailes de la petite ange dans son dos, avant de la faire grimper sur son dos sans lui demander son avis, lui saisissant doucment la main avant d'imposer à son corps un léger vol plané jusque sur le dos couvert de plumes noires. Il lui fit nouer ses petites mains d'enfant autour de son cou de corbeau, comme un harnais, puis lui adressa la parole sans agressivité.

-Je t'offre le gîte et le couvert dans un endroit sûr. Mais avant, j'ai quelque chose à terminer.

Décollant tranquillement, car habitué à transporter des passagers d'un poids supérieur sur son dos, Alessando prit son temps dans les airs. Une fois monté assez haut pour frôler les toits des plus grands bâtiments, il décida que c'était assez, et s'offrit le luxe d'un vol que l'on pourrait qualifier de touristique. Il planait lentement entre les maisons, passait calmement dans les ruelles les plus étroites en se mettant de biais (ce qui ne manqua pas de lui valoir deux éperons dans les côtes : les talons nus de la petite Ange), bref, il terminait sa promenade interrompue, avec cette fois-ci une Ange sur le dos. Il n'allait pas saccager son jour de congé à cause d'un petit détail. Ce n'était pas souvent qu'il arrivait à se libérer une soirée pour voler tranquillement, se promener, voir d'autres personnes que les deux autres mercenaires travaillant avec lui : Tino Da Verone, son demi-frère, dit La Volpe (Le loup en italien) et Celia Froidregard (qui portait bien son nom), une mage capable de manipuler la glace à volonté. Le trio valait son pesant d'or, mais ce n'était pas la compagnie dont rêvait Alessandro, à l'instar de celles d'anciens amis, collaborateurs, ou tout simplement, d'autres membres de sa famille, si l'on puis parler de famille dans son cas. Le vent caressait ses plumes avec douceur, il profitait encore et encore de l'altitude et de la grisante sensation de se sentir au dessus de tout...lorsqu'une interrogation vint quelque peu interrompre ce ressenti. Le choix de l'homme-corbeau, qui n'aimait pas tourner des heures autour du pot, fut de poser directement la question à l’intéressée.

-Tu ne m'as pas dit comment tu t'appelais, petite. Je ne vais pas t'appeler « Gamine » tout le temps, si ?
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